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Pensées et Developpement

Pensées et Developpement

La grande problématique du développement est de trouver des outils méthodologiques afin d'impulser l’amélioration de la qualité de vie des populations en Afrique.A chacun de donner son point de vue.

Afrique : Changement des mentalités, condition du développement économique

Afrique : Changement des mentalités, condition du développement économique

Au cours d’une formation sur le développement communautaire, le formateur a eu cette définition pour le moins lapidaire du développement : le développement, c’est la modernisation et la modernisation n’est rien d’autre que l’industrialisation. En effet, n’est ce pas par les impressionnants progrès et perfectionnements matériels, techniques, scientifiques, sociaux…..que l’on mesure le niveau de développement d’une nation ? Suffit-il aussi à construire des infrastructures socioéconomiques pour être un pays développé ?

Avant tout, il parait important de balayer des idées reçues sur les raisons du retard de l’Afrique. Plusieurs experts et des voix qui ont chapitres ont vite fait d’expliquer le grand retard de l’Afrique par les causes historiques, la traite négrière, la colonisation, le néocolonialisme, et des facteurs exogènes de l’économie mondialisant, la détérioration des termes de l'échange etc.…

Et pourtant, les Tigres Asiatiques et les BRICS de divers continents ont atteint des niveaux relatifs de développement avec tous ces facteurs historiques douloureux.

Le sous développement, vu sous l’angle de l’évolution d’une société traditionnelle et rurale vers la modernisation et l’utilisation au quotidien de moyens techniques qui eux compensent les moyens rudimentaires traditionnels, frappe encore les sociétés de type traditionnel qui n’ont pas encore réussi la reconversion complète de leur mode de vie vers un mode de vie dominé par la prégnance des techniques et des technologies.

Ces outils, en effet, dominent la vie quotidienne des populations dans toutes les sphères de la vie sociétale : santé, agriculture, économie et même culture et font s’inscrire dans la société sur le registre des sociétés de consommation de masse.

Les BRICS, pays émergents dont nous pouvons citer, le Bresil, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, ont de ce point de vue une longueur d’avance sur la plupart des pays sous développés de l’Afrique, de l’Asie et du sous continent américain.

Dans une économie moderne, l’on a tendance à oublier en Afrique la puissance positive de la bonne gouvernance que sont la liberté, le libéralisme économique et la démocratie, mais aussi la notion bien sacrée du bien public et le rôle important des leaders politique à promouvoir le bien être des peuples à travers la satisfactions des besoins vitaux que sont les infrastructures économiques ( route, ponts, eau, électricité) et sociétales ( système judiciaire Independent, sécurité publique, système éducatif et centres de santé de qualité...) et la création de richesse au niveau local.

Ce dernier facteur est la clé d’accès au pouvoir d’achat des populations dans un monde dominé par les sacrosaints préceptes de l’économie libérale, de la croissance économique et de la justice distributive afin que ceux-ci sortent de la dépendance alimentaire qui pérennise leur pauvreté.

Bien plus que ces facteurs endogènes extrêmement important dans le processus de développement d’une nation, il est important d’évoquer la structure obsolète de certaines de nos traditions qui ne sont pas toujours en adéquation avec les mentalités et les dispositions culturelles des peuples d’Afrique, nécessaires à l’évolution vers un monde moderne.

En effet, la culture démocratique et la libre expression ont du mal, bien souvent, en Afrique, à s’affranchir des notions d’obéissance absolue aux chefs et aux ainées, la démocratie est même bien souvent écrasée par le poids nos us et coutumes.

La tradition, empreinte souvent de sciences occultes est également aux antipodes des progrès scientifiques si elle ne contribue pas à freiner leurs évolutions et même à les tuer.

En Afrique, la tradition, en fait, a pour conséquence néfastes de fossiliser les pratiques anciennes et de scléroser les capacités de créativité des populations face aux défis quotidiens de la survie et de l’adaptation au monde moderne.

Alors que le développement consiste justement à cette migration lente et sure des sociétés traditionnelles vers un mode de vie dominé par les moyens techniques et technologiques conditionné par d’adoption de dispositions comportementales nouvelles adaptées aux exigences du modernisme.

L’un des facteurs clé de la réussite de cette émergence sociétale qualitative et quantitative (société de consommation de masse) est la prise de conscience individuelle et collective des membres de la communauté à prendre une part active au processus développement c'est-à-dire au processus d’amélioration de leur qualité et cadre de vie liberté d’entreprendre. L’historien Joseph Ki-zerbo nous enseignait justement que « On ne développe pas, on se développe » juste pour dire que le fait de prendre part au processus ce développement c’est déjà se développer, c’est déjà faire un part qualitatif vers l’amélioration de sa qualité de vie.

Et pourtant, la misère et les mentalités traditionnelles ont incrusté dans nos sociétés des mentalités de gueux et de personnes dépendantes des décideurs politiques, des organismes de développement et des pouvoirs locaux. Les populations attendent tout de ces agents de développement qui ne peuvent que les accompagner dans ce processus.

Mais malheureusement, certain acteurs des pouvoirs politiques trouvent d’ailleurs un malin plaisir à les clochardiser ( au sens financier et mental ) dans un clientélisme politico-électoral dont l’avantage n’est pas anodin, se maintenir au pouvoir soit par le pouvoir de l’argent si ce n’est le pouvoir dictatorial.

Les traditions ou du moins les mentalités africaines en plus de maintenir les populations loin de l’évolution démocratique ont ce effet pervers de tuer en eux la libre expression, la libre entreprise, la capacité de créativité et toute opportunité de se prendre en charge économiquement. La pauvreté, justificatif bien commode, les pousse à se donner pieds et mains liés aux maigres prébendes de certains leaders politiques sans scrupules et sans ambition de construction de nation moderne.

Il apparait clairement que les mentalités africaines, bien plus que le poids de l’histoire des commerces triangulaires humains et de la colonisation sont les vrais responsables du grand retard que nos pays accusent dans leur processus de développement.

A l’instar des pays émergents et autres Tigres de l’Asie, l’Afrique peut se développer, le continent noir en a les potentialités humaines et naturelles, et tau de croissance actuel et les perspectives économiques de l’Afrique Subsaharienne selon la Banque Mondiale, 5,6 %en 2013 contre 0,8 % pour le Royaume Uni en est la preuve.

Certains pays développés tels que le Japon et la Corée ont réussi le pari du développement en l’espace de 5 décennies et sont aujourd’hui mieux logés que la plupart des puissances coloniales d’Europe, en misant sur le capital humain, la bonne gouvernance économique et la démocratie.

Mais pour le réussir, seul un changement profond des mentalités doit être engagé à travers des stratégies de développement communautaire à l’échelle des nations. Seules des politiques vigoureuses d’inclusion des communautés dans le processus de développement pourront réellement atteindre un niveau d’amélioration de la qualité de vie de nos sociétés. L’empowerment, donner le pouvoir de décision et la capacité du pouvoir de décision aux populations par des stratégies d’accompagnement, d’élaboration et de cogestion de projets sectoriels donnera aux populations africaine de libérer leur génie créateur afin d’être réellement autonome.

Badciss Badciss

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